Archives de catégorie : Littérature

Ringolevio – Emmett Grogan

Ringolevio - Emmett Grogan Je continue mon exploration des années 60 aux États-Unis avec ce livre qui mérite franchement le détour. C’est Paul Jorion qui le mentionnait sur son blog, lors de sa vidéo du vendredi le 17 août dernier (voir ici).

Parlant de la violence d’état, et de cet homme à priori inoffensif à New-York sur lequel la police tira plusieurs coups de feu à bout portant, Paul Jorion pense alors à Ringolevio et à Emmett Grogan, qu’il définit comme « le grand théoricien du mouvement hippie… mais un hippie sérieux et très actif ».

La courte préface d’Albie Baker, ami de l’auteur, commence ainsi :

Le plus formidable jeu de mon enfance avait pour nom Ringolevio. C’était un jeu de vie et de mort. Un combat plutôt qu’un jeu. Je revois encore plusieurs des gosses de mon ancien quartier, dont j’ai gardé les noms en mémoire et qui, pour se soustraire à la capture ou pour capturer un adversaire, se sont précipités dans les bras de la mort ou se sont estropiés à vie.

Le Ringolevio nous préparait à la vie. À la violence, à l’inégalité, à la misère et à la guerre. Il nous apprenait à rentrer la tête dans les épaules quand c’était nécessaire et à gamberger vite et bien, deux qualités essentielles à la survie. On était peut-être nuls en maths, n’empêche qu’on passait les épreuves haut la main.

Emmett Grogan va donc nous raconter sa vie à partir de cette époque (en 1956, il a 13 ans) et à cette partie de Ringolevio qui va mal tourner, jusqu’aux années 1970 marquant la fin du mouvement hippie.

Entre temps, il sera successivement petit voyou accro à l’héroïne, mis en prison où il se désintoxiquera seul, deviendra alors cambrioleur de haute volée, puis s’enfuira en Italie (où il s’intéressera à l’art et au cinéma), et enfin sera membre de l’IRA à Dublin. De retour aux États-Unis, il se fera réformer (pour éviter le Vietnam) avant de rejoindre San Francisco et le mouvement hippie. Il sera le fondateur des Diggers. Même si ce mouvement de tendance anarchiste se refusait à toute hiérarchie, ce sont les ego de chacun qui provoqueront la fin du groupe (aux fortes personnalités) quelques années plus tard.

Mais avant cela, ce qu’ils feront et la manière dont ils l’ont fait est passionnante. Grogan ne croit pas aux leaders, qu’ils soient politiques ou représentant des mouvements de contestations. Sa recherche d’anonymat permanente n’a d’égal que son énergie à faire les choses, concrètement, gratuitement, et pour le peuple.

C’est gratuit parce que c’est à vous.

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Acid test – Tom Wolfe

Acid test - Tom Wolf C’est en lisant Gonzo Highway de Hunter S. Thompson que j’ai entendu parlé de ce livre, puisque les deux auteurs se sont pas mal écrit.

Si Thompson représente le journalisme Gonzo, Tom Wolfe est lui l’inventeur du « nouveau journalisme », c’est-à-dire un style plus littéraire tout en respectant l’enquête et l’exactitude des faits :  Investigation is an art, let’s just be kind of artists.

Acid test raconte l’histoire assez incroyable des Merry Pranksters (les joyeux lurons) et surtout celle de leur leader, Ken Kesey. On est en plein dans les années 60, le LSD n’est encore connu que des scientifiques, et pas encore répréhensible légalement (ce qui pose un gros problème à la police)… Le mouvement hippie en est à ses débuts : contestation de l’ordre établi, refus de la guerre du Vietnam. Kerouac a écrit « Sur la route » quelques années auparavant, tandis que Joan Baez fait connaître Bob Dylan.

Ken Kesey, vous le connaissez : à cette époque, il est le jeune auteur du roman « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1962). Étudiant à l’université de Standford, à Palo Alto (Californie), il participe en tant que volontaire à des essais sur les drogues modifiant l’état de conscience, et découvre le LSD. C’est ainsi qu’il fréquentera le milieu psychiatrique qui lui inspirera son roman. Mais ses expériences au LSD vont également beaucoup l’intéresser…

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Gonzo Highway – Hunter S. Thompson

Gonzo Highway - Hunter S. Thompson Avant de parler du livre, admirez le magnifique Stetson en pur bacon de la couverture ! Serait-ce de l’art gonzo ? [photo de staudinger+franke].

Revenons au bouquin, qui est un recueil de lettres de ce cher Hunter S. Thompson (voir cet article), ce dernier écrivant beaucoup et à propos de tout, les tapant sur sa machine à écrire en prenant soin d’en faire une copie sur papier carbone… dans l’espoir que ses lettres seraient un jour publiées en témoignage de sa vie et de son époque. C’est exactement ce qui s’est passé.

Le recueil fait plus de 600 pages, et traite des années 1955 à 1976. L’occasion de revoir les événements qui ont marqué l’Amérique durant cette période (assassinat de Kennedy, mouvement hippie, émeutes de Chicago, Vietnam, Watergate, mouvement afro-méricain), et bien sûr la carrière de Hunter S. Thompson, pigiste pour de nombreuses revues ou journaux et jeune écrivain se battant avec son éditeur (il va galérer longtemps avant de devenir un écrivain reconnu).

Il écrit tous azimuts : Faulkner, Nixon, Carter, Joan Baez, Tom Wolfe, Nelson Algren, Allen Ginsgerg, mais aussi à son dentiste, ses créanciers, son rédacteur en chef du moment… ou encore il fait une très belle réponse à un jeune adolescent qui vient de lire son bouquin sur les Hell’s Angels et qui s’enthousiasme pour cette bande de hors-la-loi.

On y trouvera également deux articles de fond qu’il a publié : l’un sur « Big Sur » (en Californie, endroit où se retrouvèrent les beatniks), et l’autre sur le mouvement hippie à San Francisco (quartier Haight-Ashbury). Deux articles qui montrent son talent d’écrivain et la clairvoyance qu’il peut avoir sur les choses.

On le disait fou, alcoolique, drogué… et certes, le personnage est entier, excessif, moqueur, les insultes ne manquant pas au fil de ces lettres. Mais à travers elles, le personnage qui apparaît se révèle entier, fidèle à ses idées, et rejetant toute idée de compromission, comme par exemple sur le métier de journaliste :

J’ai fait une croix sur le journalisme à l’américaine. Le déclin de la presse américaine est depuis longtemps une évidence, et mon temps est trop précieux pour que je le gâche à essayer de fourguer à « l’homme de la rue » sa ration quotidienne de clichés.

Sa colère est toute entière tournée vers le déclin de l’Amérique, et la fin du rêve américain, autrement dit l’avènement d’une société de consommation complaisante, de politicards véreux, etc…

Bonus en fin d’article, la liste des dix meilleurs albums des années 60 selon Hunter S. Thompson !

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Le dernier baiser – James Crumley

Le dernier baiser - James Crumley Quoi de mieux qu’un bon polar pour les vacances ? Avec celui-ci, je n’ai pas été déçu, même si je n’étais pas vacances !

C.W. Sughrue (appelez-le C.W.) est le privé américain typique, revenu de tout (y compris du Vietnam), sans grand espoir pour l’espèce humaine, et buvant largement plus qu’il ne faudrait (tout cela est sans doute lié). Il est également attiré par les femmes fatales, et si celles-ci ont un destin tragique, cela tourne vite à l’obsession.

L’histoire démarre fort, C.W. étant chargé de retrouver un certain Trahearne (écrivain de son état) à la demande de son ex-femme, cette dernière s’inquiétant de sa santé fragile et de son goût immodéré pour la bouteille. Après avoir écumé une partie de l’Ouest américain de bar en bar, c’est finalement grâce à un chien lui aussi porté sur l’alcool que C.W retrouvera Trahearne… Le décor est planté !

Car la véritable histoire ne fait que commencer, quand la patronne du bar lui demande de retrouver sa fille Betty Sue, disparue dix ans plus tôt. C.W. va vite se trouver fasciné par cette mystérieuse Betty Sue que son enquête va peu à peu lui faire découvrir.

Un livre très plaisant à lire donc, qui m’a un peu rappelé Sylvia d’Howard Fast pour le portrait d’une femme au destin tragique. Dans un style très agréable, les répliques et les  réflexions sur la vie de C.W. sont vraiment savoureuses.

James Crumley est un écrivain américain (1939-2008). Professeur de composition littéraire à ses débuts, il s’oriente vers l’écriture, et devient un grand auteur de polars. Ses personnages (Sughrue et Milo Milodragovitch) sont des anti-héros excessifs, un peu comme lui parait-il. Son premier roman s’intitule « Un pour marquer la cadence », témoignage poignant sur la guerre du Vietnam, et je me souviens avoir lu « Le Canard siffleur mexicain » (la suite des aventures de Sughrue)  ou encore « La danse de l’ours » (avec Milo Milodragovitch).

Le studio de l’inutilité – Simon Leys

Le studio de l'inutilité - Simon Leys C’est grâce au « Canard enchaîné » que j’ai découvert cet auteur, dans la rubrique littéraire « Lettres ou pas lettres ». J’avais d’ailleurs fait un article sur le blog : Le bonheur des petits poissons (2008).

Un nouvel article du Canard, tout ausi passionnant, signalait cette fois la sortie du Studio de l’inutilité. Cette fois, j’ai acheté le livre, et ce fut un véritable plaisir de le lire.

Simon Leys raconte… sur ses trois sujets préférés : la littérature, la mer, et la Chine. Et comme c’est un érudit, à l’esprit libre, qui sait parler simplement et qui ne manque pas d’humour, on se laisse vite entraîner. Citations, anecdotes, réflexions… on savoure à chaque page, même si l’auteur ou l’histoire vous sont inconnus.

« Le studio de l’inutilité » fait référence à une cahute située au cœur d’un bidonville de réfugiés à Hong Kong, où Simon Leys, dans sa jeunesse, passa deux années en compagnie de trois amis, artistes ou étudiants :

Ce furent des années intenses et joyeuses, pour moi, l’étude et la vie ne formaient  plus qu’une seule et même entreprise, d’un intérêt inépuisable ; mes amis devenaient mes maîtres, et mes maîtres devenaient mes amis.

Découvrez le poète belge Henri Michaux et son livre « Un barbare en Asie », ou la personnalité intime de George Orwell. Rappelez-vous le génocide Cambodgien et l’attitude des pays occidentaux, ou comprenez mieux le « miracle chinois » à la lumière des écrits de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix…

Un livre qui donne envie de lire d’autres titres de cet auteur !

 

Autres articles sur Simon Leys sur le blog :

Simon Leys, de son vrai nom Pierre Ryckmans, est né en 1935 à Bruxelles. Après avoir étudié le droit et l’histoire de l’art à Anvers, il poursuit des études de langue, de littérature et d’art chinois à Taïwan, Singapour et Hong Kong, devenant un sinologue réputé. En 1971, il publie Les habits neufs du président Mao (1971), première critique virulente de la révolution culturelle qui lui attirera à l’époque l’inimitié de certains intellectuels français maoïstes.

Lointain souvenir de la peau – Russel Banks

Lointain souvenir de la peau - Russel Banks Ce livre était sur la table du libraire, et il avait aimé : il met une petite fiche dans ce cas… et comme de mon côté je garde un a priori positif pour cet auteur dont le premier livre que j’avais lu, «Continents à la dérive», m’avait marqué… je me suis donc décidé à embarquer celui-là sans attendre deux ans pour le format poche.

Nous allons faire connaissance du Kid, un jeune homme d’une vingtaine d’années, bracelet électronique à la cheville, qui vit sous un pont avec d’autres personnages peu avenants, rebuts de la société. Car ils ont tous ceci en commun : condamnés pour agression sexuelle sur mineur.

Le Kid va rencontrer un professeur d’université (sur-diplômé et donc sociologue entre autres) qui va lui proposer de l’aider, s’il accepte en échange de répondre à ses questions, persuadé que ce problème doit être traité différemment par la société.

L’auteur est assez malin pour ne pas nous raconter tout de suite ce qu’a fait le Kid, et on hésite à le trouver sympathique malgré sa franchise déconcertante. Qu’a-t-il vraiment fait ? La première partie du roman est passionnante, décrivant comment la société américaine exclut ces personnes et ne leur laisse finalement aucune chance réelle de pouvoir vivre décemment.

Dans la seconde partie, « le Professeur » se révèle avoir lui aussi un passé pour le moins inhabituel, et l’avenir du Kid passera un peu au second plan pour nous embarquer dans une histoire sans grand intérêt et peu crédible.

C’est quand même un bon bouquin, le sujet est difficile et admirablement traité. On prend conscience des dérives de la société américaine, de son rapport ambigu au sexe, et de son puritanisme qui exclut sans rémission : le Kid n’a aucune chance de pouvoir se réintégrer, quelque soit sa faute, même si elle n’a été que potentielle. On est proche de « Minority report », le roman de Philip K. Dick…

Autres romans de Russel Banks sur ce blog :

Russel Banks est un écrivain progressiste américain, né en 1940. Il est membre de l’Académie américaine des arts et lettres, et a pris position contre l’intervention en Irak et le Patriot Act. « Continents à la dérive » reste pour moi son meilleur bouquin, j’avais aussi beaucoup apprécié « Sous le règne de Bone ».

Les mandarins – Simone de Beauvoir

Les mandarins - Simone de Beauvoir - Tome 1 Errant dans la librairie à la recherche d’un bon bouquin pour les vacances, je cherchais à me souvenir d’un auteur qui m’avait plu…

J’ai  alors pensé à Simone de Beauvoir, avec son Amérique au jour le jour 1947. à la fois récit de voyage et portrait d’une Amérique qui n’a rien perdu de son acuité. Quand les philosophes de son talent se mettent à écrire des récits de voyage ou des romans, on a peu de risque d’être déçu !

Et c’est comme ça que j’ai choisi celui-ci, notant tout de même au passage qu’il avait obtenu le prix Goncourt  (en 1954), et que Simone de Beauvoir en disait :

J’aurais souhaité qu’on prenne ce livre pour ce qu’il est ; ni une autobiographie, ni un reportage : une évocation.

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Love Medicine – Louise Erdrich

Love Medicine - Louise Erdrich Livre acheté un peu au hasard, posé sur la table du libraire : auteur amérindien, une histoire d’indiens d’Amérique, je me suis dit que ce devait être pas mal.

Finalement, je n’ai pas vraiment accroché, à part quelques passages. Certes, c’est bien écrit, mais cette histoire un peu abracadabrante aux multiples personnages m’a semblé plutôt ennuyeuse au final. On passe son temps à revenir sur l’arbre généalogique présenté au début de l’ouvrage pour tenter de s’y retrouver, puis on abandonne tellement la confusion règne entre les enfants légitimes, illégitimes, adoptés, ceci sur plusieurs générations.

Pour simplifier, le narrateur change à chaque chapitre, et raconte l’histoire de son point de vue, sans pour autant connaître la vérité… Ajoutez à cela une dose de légendes indiennes, de la magie, et la déchéance d’une culture qui se perd dans le monde moderne (chomage, alcoolisme) : l’auteur semble avoir voulu délibérément nous égarer. Mission réussie !

L’écriture parfois poétique est pourtant agréable, mais le fond de l’histoire sans réel intérêt : dans ce labyrinthe de personnages et d’époques, un des personnages se demande qui est finalement son père. Il fallait bien que ça arrive !

Louise Erdrich (née en 1954 d’une mère Ojibwa et d’un père germano-américain) est une écrivaine américaine, auteur de romans, de poésies et de livre pour enfants. Elle appartient au mouvement de la Renaissance amérindienne. Love medicine est son premier roman, paru en 1984.

Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris – Arthur Arnould

Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris - Arthur Arnould Après La Commune de 1871 – Jacques Rougerie [collection Que sais-je?], écrit par un historien contemporain et offrant un excellent résumé de ce moment de l’histoire où le peuple de Paris se souleva,

Après l’Histoire de la Commune de 1871 – Prosper-Olivier Lissagaray, écrit  par l’un de ses acteurs, qui en raconte le déroulement au quotidien,

J’ai lu ce livre qui est un bon complément puisque cette fois l’auteur (journaliste, membre du premier conseil de la commune) s’attache à décrire le modèle de société que la Commune voulait organiser. Que pensait-elle ? Que voulait-elle ?

Le ton est sincère, Arthur Arnould s’attache aux faits en bon journaliste, même si, quoiqu’il en dise, l’émotion perce encore dans certains passages. Pourtant il a attendu six ans avant de le publier :

Depuis ce temps, le calme a pu se faire dans l’esprit, la sage raison a pu reprendre son empire sur les désespoirs et les colères du premier moment, et l’exil, morne et froid, a versé sa glace sur les emportements de la lutte.
Je crois donc être, aujourd’hui, dans les meilleurs conditions possibles pour me prononcer, sans exagération comme sans illusion.

Un peu comme Lissagaray d’ailleurs,  qui mit cinq ans à publier le sien (« j’ai voulu sept preuves avant d’écrire ») : chez les deux auteurs, on sent ce besoin de tout pouvoir prouver de leurs écrits, tant la vérité est éloignée de ce que le pouvoir et la presse de l’époque ont bien voulu en raconter : l’État est sans pitié pour ceux qui ont osé le remettre en cause.

C’est plutôt bien écrit, le ton est alerte et la plume sait se montrer féroce quand il le faut, comme pour ce portrait :

Ce personnage, c’est M. Clamageran, petit homme tout rond et blafard, bâti comme un boudin, avec une figure de Nuremberg, le teint d’un fromage mou, l’air idiot, et plus idiot que son air.

En guise de préface, on peut lire cette citation (que l’on peut encore méditer de nos jours) :

Aujourd’hui, quoiqu’un fasse, la société est devenue, de militaire ou destructive, industrielle ou productive. Le travail est le maître, — non dans la loi il est vrai — mais dans la réalité scientifique. Les autonomies, les collectivités, quelles qu’elles soient, n’ont plus qu’un intérêt, qu’un besoin : la production abondante, l’échange assuré, la circulation rapide, la répartition universelle. À tout cela, il manque une chose : la justice.
Qui vous la donnera ? Les gouvernements ? Non, vous-mêmes !

Il s’agit d’en finir avec la centralisation du second empire, preuve que les révolutions précédentes avaient échouées à rendre le pouvoir au peuple. À chaque fois, celui-ci avait été rapidement repris par une oligarchie de circonstance, conduisant aux mêmes effets. La Commune, c’est donc autonomie et fédéralisme, réduisant le pouvoir centralisateur à sa plus simple expression.

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Rhum express – Hunter S. Thompson

Rhum express - Hunter S. Thompson C’est le troisième bouquin de Hunter S. Thompson que je lis : j’avais commencé par Las Vegas parano (1972), récit totalement déjanté d’une escapade à Las Vegas par un journaliste et son avocat sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, illustrant ainsi la fin du rêve américain… C’était aussi la découverte du journalisme gonzo, inventé par Thompson, et consistant à s’immerger dans le sujet à traiter, avec toute la subjectivité que cela entraîne.

J’avais ensuite lu Hell’s Angels (1965) : Hunter S. Thompson, fasciné par le groupe de motards légendaire, intègre ce dernier pendant un an… L’histoire se terminera mal, puisque Thompson manquera d’y laisser sa peau (une « querelle éthylique spontanée » dira-t-il), mais le récit est captivant et le roman-reportage celui d’un vrai journaliste certes, mais aussi d’un grand écrivain. Ça fait même froid dans le dos… aller se mêler à une bande comme ça, il ne faut pas avoir peur !

Rhum express est le deuxième roman de Thompson (1961), et inspiré de ses premières années de carrière : Kemp, journaliste globe-trotter d’une trentaine d’années, se retrouve à Porto Rico, embauché par un petit journal local plutôt minable et sur le point de faire faillite. Déjà complètement désabusé sur le métier de journaliste et même sur la vie en général, il n’a pas de mal à se faire des amis auprès de quelques collègues dans le même état que lui. Porto Rico est à l’époque une cible de choix pour le capitalisme américain (l’expérience Cubaine aidant), et les projets de développement touristique en plein essor (ainsi que les magouilles afférentes). Le rhum aidant, les compères vont vite s’attirer des ennuis…

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