Archives de catégorie : Informatique

Seeks : un métamoteur de recherche libre

Seeks Seeks est un métamoteur de recherche, c’est-à-dire qu’il va agréger les résultats d’autres moteurs de recherche (Google, Bing, Cuil, Yahoo & Exalead en l’occurence). Ce n’est pas le premier loin de là, mais le projet semble intéressant, même s’il sera dur de détrôner les géants existants. Pour l’instant, il se contente de les utiliser, et de reclasser les résultats selon ses propres critères.

Seeks enverra donc votre recherche aux moteurs précédemment cités, mais de manière anonyme, et c’est déjà un avantage, en ces temps où les données privées sur internet posent question. Mais il va aussi analyser les résultats et vous permettre de les grouper selon leur type : les liens vers des pages web, des documents PDF, vers un Wiki, ou encore n’afficher que les images. Bref c’est plutôt complet.

Le projet

Seeks repose sur une architecture ouverte, et les versions à venir permettront d’interconnecter les serveurs entre eux (chacun peut installer le sien sur son propre serveur). Par la technologie P2P, les différents serveurs Seeks pourront alors regrouper en temps réel les requêtes de différentes internautes, et ainsi d’affiner les résultats. Cette partie serait vraiment nouvelle, et les possibilités encore ouvertes.

L’idée est rendre la recherche sur le web aux utilisateurs… et ne pas la laisser se concentrer entre quelques mastodontes qui contrôlent tout, y compris leur algorithme de recherche. Notons qu’à ce stade du projet, les données sont toujours chez Google, ou Bing…

A terme,  on obtiendrait un moteur de recherche décentralisé, avec une transparence des algorithmes de recherche et une égalité des contenus sur le web. Un site web pourrait aussi indexer lui-même ses pages, et partager cet index avec d’autres serveurs du réseau Seeks. Dans ce cas, on décentralise les index !

Astuce

Pour l’ajouter à votre barre de recherche dans Firefox, rendez vous sur la page d’accueil, puis cliquer sur la liste des moteurs de recherche : vous devez voir en bas de la liste une entrée « Ajouter Seeks comme moteur de recherche ». Valider, puis remonter Seeks en première place pour l’avoir par défaut.

seeks moteur de recherche par défaut

Le guide TV libre QMagneto

QMagneto - fenêtre principale QMagneto est un EPG (Electronic Program Guide) qui permet d’afficher les programmes TV, de les visualiser, et de programmer leur enregistrement. En outre, on peut enregistrer les programmes venant de la Freebox, de la Neufbox ou d’un décodeur TNT. Il est disponible sous Windows, Mac OS X et Linux. C’est un logiciel libre (sous licence GNU General Public), et accessoirement développé par un Français, Jean-Luc Biord.

On peut bien sûr enregistrer directement depuis la freebox HD, mais le format est en Time Shifting (.ts). Avec QMagneto, tout se fait du PC, et le format sera du MPEG4 (.avi), ce qui est un peu plus pratique (encore que VLC lit très bien les fichiers Time Shifting). L’inconvénient est bien sûr que le PC doit être allumé…

Si l’installation de QMagneto est simple, la configuration des ports et des programmes n’est pas évidente, alors voilà ce que j’ai fait pour que cela marche sous Ubuntu Lucid Lynx 10.04, après quelques recherches sur le net. Continuer la lecture de Le guide TV libre QMagneto

“Écoutez” France Culture… en mp3 (2)

écoutez France Culture

J’avais écrit un article expliquant comment télécharger une émission de France Culture lorsque le podcast n’est plus disponible, mais l’écoute en ligne toujours possible.

Le site de France Culture vient d’être complètement refait, et la manip n’est plus valide. Il faut procéder d’une manière légèrement différente, et c’est finalement plus simple puisque l’on récupère directement le fichier au format mp3, alors qu’auparavant il s’agissait d’un fichier Real Player (.rm) qu’il fallait ensuite convertir en mp3.

Voilà donc comment faire maintenant

Lorsque vous arrivez sur la page d’écoute de l’émission, faites un clic droit sur le joli bouton rouge (voir image ci-dessus) et choisissez « Copier l’adresse du lien ». Ouvrez ensuite une fenêtre Terminal et taper la commande wget suivie du lien précédemment copié :

récupérer le lien avec wget

Éditer le fichier récupéré, et rechercher «MP3», vous devez obtenir quelque chose de ce genre :

édition du fichier récupéré

La partie qui nous intéresse, c’est le chemin (incomplet) du fichier MP3, surligné en jaune dans l’image ci-dessus, soit :

sites/default/files/sons/2010/05/s21/LES_NOUVEAUX_CHEMINS_DE_LA_CONNAISSANCE_26_05_2010.MP3

Il ne reste plus qu’à ajouter le début du chemin manquant, à savoir :

http://www.franceculture.com/

Ce qui nous donne le chemin complet suivant :

http://www.franceculture.com/sites/default/files/sons/2010/05/s21/LES_NOUVEAUX_CHEMINS_DE_LA_CONNAISSANCE_26_05_2010.MP3

Il ne reste plus qu’à télécharger le fichier en question, toujours à l’aide la commande wget par exemple :

récupération du fichier mp3

Et voilà, le fichier est maintenant prêt à être copié sur votre balladeur…

Faire son arbre généalogique avec GRAMPS

Accéder à l'arbre généalogique Voilà quelque temps, j’avais commencé un arbre généalogique avec le logiciel GRAMPS (Genealogical Research et Analysis Management Programming System), un logiciel open-source développé initialement sous Linux, mais qui est également disponible sous Windows ou Mac. Rien ne vous empêche donc de commencer le vôtre, si cela vous passe par la tête.

GRAMPS

La prise en main de Gramps demande un peu de patience mais tout est finalement très logique. Il est essentiel de conserver l’intégrité des relations familiales, ce dont se charge parfaitement l’interface de GRAMPS. Il faut juste s’y habituer, et comprendre par où ajouter tel type d’information.Cela vient assez vite.

Par exemple, passer par la vue Famille si l’on veut ajouter un ascendant ou descendant, et par Individus pour ajouter un évènement, une photo ou toute autre information. Éviter de créer les individus séparément, puis d’établir les relations par la suite : c’est le meilleur moyen de se tromper ou de se retrouver avec des liens familiaux manquants. Enfin, il y a souvent des homonymes dans une génération, et l’on s’y perd parfois… Dans ce cas, repasser par la vue Individus, et noter l’Id unique que lui a attribué Gramps.

Il existe un Wiki en français pour vous aider dans les premiers pas, et trouver une réponse à vos questionnements..

Les données

Une fois les informations en votre connaissance saisies, vous vous rendrez probablement compte que vous en savez fort peu ! Il faudra alors en parler à vos parents, tantes et oncles, frères et sœurs etc… pour récolter des informations. Ce n’est pas la partie la plus facile (ni la plus rapide !), et là, vous serez peut-être surpris des réactions.

Pas d’intérêt et donc pas d’informations, un certaine réticence à fouiller de la mémoire et le passé (une tante a même découvert des choses qu’elle ignorait en cherchant un peu), sans oublier l’ultime réponse : à quoi bon tout ça après tout ? laissons les morts reposer en paix !

Et puis le nom-prénom ne suffit pas ; il faut d’autres informations si l’on veut que l’arbre soit un tant soit peu complet : dates de naissance, de mariage, lieux de vie, profession, etc… passé deux générations, cela devient vite un problème. Sans parler des photos !

J’ai été particulièrement surpris que ma mère par exemple ne se rappelle plus du nom de ses grands-parents (il faut peut-être commencer à poser ces questions avant que la mémoire ne s’efface… non je plaisante maman !).
Mon père par contre avait un papier sur lequel était noté l’ascendance de sa mère, jusqu’à son arrière grand-mère, ainsi que les descendants de cette dernière. Il faut dire qu’il avait des raisons de se pencher sur son ascendance (mère « fille-mère » puis mariée à un autre), ceci explique peut-être cela.

Le site internet

Une fois toutes vos données saisies, GRAMPS permet de faire deux choses très pratiques :

  • générer un site internet (tout en html) permettant de naviguer au sein de l’arbre par noms de famille, d’individus ou encore par lieux.
  • générer un arbre relationnel, une forme très visuelle de représentation des ascendances et descendances.

nouveau menu J’ai donc fait tout ça, en l’état des informations récoltées, et mis en ligne sur le site. On y accède par le menu en haut de page du blog, il y a une nouvelle entrée.

Personnalisation du site

Le site généré automatiquement par GRAMPS est pas mal, mais nécessitait un minimum de personnalisation pour satisfaire à mes besoins. Il s’agissait de remplacer un mot par un autre, supprimer ou ajouter une ligne dans tous les fichiers html, sachant que plus votre arbre est important, plus il y a de fichiers. Impossible donc de  faire cela manuellement.

Je m’étais à l’époque penché sur SED (ou Stream EDitor), un puissant outil pour manipuler les chaînes de caractères. Voir cet article pour en savoir plus.

Je devais remplacer le nom du premier onglet du site appelé Souche, voulant le changer en Arbre. J’étais finalement arrivé à ce script :

#! /bin/sh
# nom du fichier : replaceall.sh
# pas de SAUVEGARDE des fichiers faite par ce script.
find . -type f -name '*.html' -print | while read i
do
sed "s|$1|$2|g" $i > $i.tmp && mv $i.tmp $i
done

Enregistrer ce fichier, l’appeler par exemple replaceall, et enfin lui donner les droits d’exécution. Il suffit ensuite de le lancer à partir de la racine du site généré par Gramps :

$ ./replaceall Souche Arbre

Et voilà, en une ou deux secondes, c’est fait : le mot « Souche » a été remplacé par « Arbre » dans tous les fichiers. La puissance de SED est d’ailleurs assez impressionnante.

Alors que je voulais le mettre en ligne, je me rend compte que je dois également supprimer l’onglet Sources inutile (la page correspondante est vide) :

onglet Sources à supprimer

Grâce à SED, rien de plus simple : dans le script ci-dessus, remplacer le ligne de commande SED par celle-ci :

sed "/Sources/d" $i > $i.tmp && mv $i.tmp $i

SED va lire toutes les lignes des fichiers .html, et dès qu’il trouvera le mot «Sources» il effacera la ligne en question. Et hop, l’onglet a disparu… Maintenant, il faut que j’ajoute un onglet pour permettre de revenir sur le blog :

onglet Retour au Blog

Cette fois, il faut ajouter une ligne dans tous les fichiers… Heureusement, ceux-ci étant tous générés sur le même modèle, le numéro de ligne est toujours le même, la tâche est d’autant plus simple, il suffira d’indiquer ce numéro de ligne.

Je dois donc ajouter la ligne suivante (un simple lien vers l’adresse du blog) dans tous les fichiers :

<ul>
	<li><a href="https://wordpress.pled.fr">Retour au Blog</a></li>
</ul>

Pour éviter des problèmes de syntaxe, j’ai préféré utiliser une autre possibilité de SED, permettant d’ajouter le contenu d’un fichier dans un autre (où s’arrêtent les possibilités de SED ?). J’ai donc sauvegardé cette ligne dans un fichier insert-retourblog.txt, et modifié le script avec la commande SED suivante (le numéro de ligne est donc le 26) :

sed "26r insert-retourblog.txt" $i > $i.tmp && mv $i.tmp $i

Il ne me restait plus qu’à copier tous ces fichiers sur le site de Free, et voilà…

OLPC : One Laptop Per Child

un olpc au Pérou Cette semaine, j’ai vu un très bon reportage sur Arte à propos de l’OLPC : One Laptop Per Child. Cette organisation, à but non lucratif, a été fondée en 2005 par Nicholas Negroponte, ancien directeur du MIT, la célèbre université américaine. Je pensais que c’était un projet comme un autre, qui au final se termine par une affaire de business. Il n’en est rien.

Le but est de promouvoir un ordinateur portable à moins de cent dollars, et destiné aux enfants de pays en voie de développement. Une critique commune du projet est de dire « Les gens pauvres ont besoin de nourriture et de logements, pas d’ordinateurs portables. », or c’est faux, il y a des gens pauvres certes, mais qui mangent à leur faim, à la campagne par exemple. Ce qui leur manque alors, c’est le moyen d’accéder à l’éducation. Et ce projet révolutionne les choses.

Un instituteur péruvien, à qui on expliquait les possibilités du Wi-Fi, dit :

Je vais essayer de m’entrainer un peu plus, afin d’explorer toutes les possibilités qu’offre ce portable pour pouvoir apprendre aux enfants à l’utiliser. Mais à vrai dire certains d’entre eux savent déjà s’en servir, et ils vont m’aider en classe.

Et quand on voit l’enthousiasme de ces enfants péruviens faisant leur premiers pas avec cette machine, c’est impressionnant. On apprend aussi que les enfants ayant accès à l’informatique ont de meilleurs résultats en classe.

olpcLes contrats sont passés directement avec les États, avec une clause de non-revente. Le portable est conçu pour les enfants, il est robuste, et ses éléments aisément remplaçables. Sans surprise, il utilise un noyau GNU/Linux (Fedora), et contient des programmes éducatifs. Sa consommation électrique est faible, et on peut même l’alimenter par une manivelle… Très étonnant, on entend un ingénieur concepteur dire qu’ils ont pensé à l’énergie solaire, mais que l’usage risquerait alors d’être détourné pour d’autres besoins : il faut penser à tout !
Au Rwanda, un autre s’étonnait de ce qu’avait réussi à programmer une jeune fille d’une douzaine d’années : il n’en revenait tout simplement pas, et lui promettait un bel avenir !

Les pays comme l’Uruguay, le Pérou ont déjà largement souscrit au programme. Et d’autres suivent, sans doute pas assez, quand on voit les possibilités qu’offre un tel outil pour des gamins coupés de tout. L’organisation a vraiment l’air efficace, et concentrée sur le coeur de son projet. Bravo !

Première évaluation HADOPI

le site Marsouin Les Bretons ont encore frappé ! M@rsouin est un groupe scientifique signifiant Môle Armoricain de Recherche sur la Société de l’infOrmation et les Usages d’INternet, composé des labos scientifiques des quatre grandes universités et de deux grandes écoles bretonnes.

L’Université de Rennes 1 a récemment publié un rapport sur les premiers effets de la loi HADOPI. La lecture vaut le détour… et l’échec annoncé se confirme. Vous pouvez trouver le document complet ici, au format pdf.  Sinon, voilà le résumé :

  • A peine 15% des internautes qui utilisaient les réseaux Peer-to-Peer avant l’adoption de la loi Hadopi ont définitivement cessé de le faire depuis.
  • Parmi ces ex-téléchargeurs, seulement un tiers a renoncé à toute forme de piratage numérique, alors que les deux tiers restant se sont tournés vers des pratiques alternatives de piratage échappant à la loi Hadopi comme le streaming illégal (allostreaming,…) ou le téléchargement sur des sites d’hébergements de fichiers (megaupload, rapidshare,…).
  • Bien que le nombre d’internautes fréquentant les réseaux Peer-to-Peer ait diminué, le nombre de « pirates numériques » a légèrement augmenté depuis le vote de la loi Hadopi.
  • Parmi les internautes qui continuent encore de télécharger sur les réseaux Peer-to-Peer, 25% d’entre eux déclarent avoir modifié leurs pratiques de piratage depuis l’adoption de la loi Hadopi.
  • Enfin, les « pirates numériques » se révèlent être, dans la moitié des cas, également des acheteurs numériques (achat de musique ou de vidéo sur Internet). Couper la connexion Internet des utilisateurs de réseau Peer-to-Peer pourrait potentiellement réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27%. Une extension de la loi Hadopi à toutes les formes de piratage numérique exclurait du marché potentiellement la moitié des acheteurs de contenus culturels numériques.

La loi HADOPI, en ne ciblant que la technologie P2P (alors que d’autres technos existent) loupe donc complètement son objectif. Ce ne sera pas faute de les avoir prévenus ! Mais il semble que l’incompétence rime souvent avec obstination… allez savoir pourquoi !

iPad, iBooks, iPod et le syndrome de Stockolm

iPad is iBad for freedom Apple a donc sorti son IPad il y a quelques jours…une tablette tactile, présentée par Steve Jobs comme le « chaînon manquant » entre l’iPhone et le MacBook. La presse a largement relayé l’information, et la sortie officielle est prévue pour mars 2010 (juin en Europe).

A cette occasion, quelques manifestants ont tenté d’alerter les invités sur le modèle d’Apple. Traduction non littérale de la pancarte :

Vous entrez dans une zone restreinte contrôlée par Apple où le logiciel libre, le partage et l’installation libre d’applications depuis Internet n’existent pas, sachant de plus qu’Apple peut à tout moment décider de modifier ou supprimer le contenu de votre appareil. Votre ordinateur est notre ordinateur.

iPas La Free Software Fondation considère de son côté que «c’est un énorme pas en arrière dans l’histoire de l’informatique». Non seulement Apple vous limite à ses applications de l’Apple Sore, mais en plus surveille l’utilisation que vous faites des films achetés, grâce aux MPT, comprenez Mesures Techniques de Privation (les fameux DRM ou Digital Rights Management sont devenus Digital Restriction Management).

Flop probable ou succès garanti ?

caractéristiques techniques de l'iPad Techniquement, ces tablettes offrent un intérêt très discutable : autant choisir un ordinateur portable que ce truc très limité : OS non multitâche, web sans flash, restriction des applications à ce que propose l’AppStore, pas de webcam…

Et le tout au tarif habituel d’Apple, c’est-à-dire plus cher que ce qu’offre la concurrence.

Les consommateurs que nous sommes se laisseront-ils charmer par la campagne marketing ? par le look Apple ? C’est possible, ce ne serait pas la première fois…

iBooks

Quant à l’utilisation comme e-book (lecture de journaux, de livres), ce qui semble être la cible principale du produit, son écran est de type LCD, comparable à celui d’un portable. C’est très surprenant : ce type d’écran génère rapidement une fatigue visuelle, et de nouvelles technologies équipent ce genre d’appareil, basés sur le papier électronique. À priori un très gros handicap pour emporter la mise.

Par contre Apple en profite pour présenter une nouvelle plate-forme de vente de livres en ligne : iBooks (pour l’instant réservé aux US !). On voit que le modèle marketing a plus d’importance que la qualité technique du produit.

L’iPod et le syndrôme de Stockholm

Des études marketing montrent que les clients d’Apple sont de vrais fans de la marque, loyaux et fidèles. Ils défendent leur iPhone chéri avec énormément d’énergie, ce dernier ayant pourtant de sérieuses limitations techniques, tout l’iPad. Strand de consulting compare leur comportement à celui du syndrome de Stockholm, où des otages une fois libérés et ayant subis de fortes pressions psychologiques, se mirent à défendre leurs ravisseurs.

Voilà quelques exemples types de réponses de ces fans inconditionnels, c »est assez rigolo et par la même occasion fournit une belle liste de limitations de l’iPhone :

  1. Le premier iPhone n’était pas 3G : pourquoi voulez-vous le 3G ? on peut très bien utiliser l’iPhone sans 3G, et ce réseau n’est pas particulièrement développé, ce n’est donc pas un problème.
  2. On ne peut pas envoyer de MMS : ça ne sert à rien, personne n’en envoie.
  3. On ne peut pas « faire suivre » un SMS : personne n’utilise cette fonction, c’est pourquoi elle n’a pas été incluse.
  4. L’appareil-photo est de piètre qualité : l’appareil-photo est parfaitement adapté et l’iPhone prend de magnifiques photos.
  5. Ce n’est pas un vrai Smartphone, il n’est pas multi-tâches : l’iPhone a toutes les fontions nécessaires et l’OS est techniquement supérieur à celui des autres Smartphones.
  6. L’iPhone ne peut pas faire de multi-tâches, et par conséquent un grand nombre d’applications sont inutilisables : l’absence de multi-tâches est une décision délibérée pour rendre l’interface plus rapide.
  7. On ne peut pas changer la batterie de l’iPhone : combien d’utilisateurs se balladent avec une batterie de rechange ? aucun ou si peu…
  8. Apple décide des applications que vous pouvez installer sur l’iPhone : c’est parfait, ainsi Apple vous garantit que vous n’installerez pas de mauvais programmes sur votre téléphone.
  9. L’univers de l’Apple Store est fermé : Apple sait ce qui est bon pour les utlisateurs.
  10. L’iPhone ne supporte pas Java, et les jeux doivent donc être développés spécifiquement pour lui : Java est lent et s’intègre mal aux téléphones portables. Les jeux pour l’iPhone sont meilleurs pour la même raison.
  11. L’Apple Store contient de nombreux petits programmes commerciaux simplistes : l’Apple Store fournit un grand choix de programmes qui offrent à l’utilisateur une grande liberté de choix, et les petits programmes lui rendent la vie plus facile au quotidien.
  12. Il est difficile d’utiliser l’écran tactile pour l’envoi de SMS rapides : l’écran tactile rend l’utilisation de l’iPhone plus facile et vous vous y habituerez rapidement.
  13. L’iPhone est un téléphone offrant peu de technologie et avec un design lisse : Apple a porté la combinaison du design et de l’interface a un niveau jamais atteint, et donc les spécifications techniques importent peu.
  14. La qualité du téléphone est faible, les appels souvent coupés et le réseau de mauvaise qualité : c’est un bon téléphone, les problèmes sont dus aux opérateurs réseaux et pas au téléphone.
  15. On ne peut acheter l’iPhone qu’à partir des opérateurs choisis par Apple : Apple a passé beaucoup de temps à sélectionner les meilleurs opérateurs.
  16. L’iPhone vise une niche de marché et ne sera pas capable d’évoluer : Apple a réussi un téléphone pour les personnes qui aiment ce design et sa simplicité d’utilisation.
  17. L’iPhone n’accepte pas de cartes mémoires : les iPhone offrent déjà suffisamment de mémoire et les utilisateurs peuvent choisir entre deux modèles.
  18. On ne peut pas installer son propre navigateur : le navigateur d’Apple est déjà tellement supérieur que vous n’avez pas besoin d’en changer.
  19. On ne peut pas utiliser l’iPhone comme un modem pour son ordinateur portable : les gens qui ont un iPhone n’ont pas besoin de portable quand ils se déplacent.
  20. Il n’y a pas de radio sur l’iPhone : vous n’avez pas besoin de radio puisque l’iPhone fournit iTunes, et iTunes offre un choix illimité de musique.

On navigue entre la mauvaise foi et l’argument marketing primaire… En résumé, Apple continue sur son modèle habituel : un produit assez fermé, voir volontairement bridé, en retard sur les technologies existantes, mais avec le look Apple accompagné d’une solide campagne publicitaire. Après tout, si ça marche, que peut-on leur reprocher ?

C’est plutôt aux consommateurs de se réveiller, et de faire un choix plus réfléchi.

Richard Stallman

Mr Richard M. Stallman Richard Stallman est tout simplement le type à l’origine du logiciel libre. On en parle pas mal en ce moment, parce que sa biographie vient d’être publiée sur Framabook, un projet de Framasoft, en français s’il vous plait.

Ne manquant pas d’humour même s’il a l’air d’avoir un sacré caractère, ses conférences en français débutent toujours par : « Je puis résumer le logiciel libre en trois mots : liberté, égalité, fraternité… ».

La biographie de Richard Stallman Cette biographie de Sam Williams (un journaliste) était d’abord parue en 2002 sous le titre «Free as in Freedom: Richard Stallman’s Crusade for Free Software», et sous licence libre comme il se doit.

En 2007, Framasoft a alors initié un projet de traduction… puis Framasoft a contacté Stallman pour une préface… ce dernier s’est alors tellement impliqué dans le projet, y apportant sa propre contibution, corrigeant certaines inexactitudes… et c’est finalement une véritable nouvelle version qui voit maintenant le jour !

Le personnage mérite le détour.Voilà ce qu’en dit Lawrence Lessig, un juriste fondateur de la licence Creative Commons :

Chaque génération a son philosophe, écrivain ou artiste qui saisit et incarne l’imaginaire du moment. Il arrive que ces philosophes soient reconnus de leur vivant, mais le plus souvent il faut attendre que la patine du temps fasse son effet. Que cette reconnaissance soit immédiate ou différée, une époque est marquée par ces hommes qui expriment leurs idéaux, dans les murmures d’un poème ou dans le grondement d’un mouvement politique. Notre génération a un philosophe. Ce n’est ni un artiste ni un écrivain. C’est un informaticien.

gnu Né en 1953, Richard Stallman est un programmeur américain hors pair au MIT, la célèbre université américaine. Excédé par une imprimante récalcitrante, il se rend compte qu’il ne peut modifier le code du programme la gérant. Ce sera le début d’une longue histoire. Quelques années plus tard, il fonde GNU (Gnu is Not Unix), souvent confondu avec Linux.

Linux n’est que le noyau d’un système d’exploitation, réalisé par Linus Torwald sous licence GPL, alors que GNU est un système d’exploitation complet n’utilisant que du logiciel libre (et utilisant un autre noyau, appelé Hurd). Si l’on veut être précis (et Richard Stallman l’est), la combinaison de GNU et du noyau Linux s’appelle donc GNU/Linux.
Et Ubuntu dans tout ça me direz-vous ? c’est encore autre chose, puisque basé sur Debian (une distribution GNU/Linux), mais contenant du code non-libre, car il faut bien que vous puissez lire vos mp3, n’est-ce pas ?

Voilà selon Richard Stallman les quatre libertés essentielles de l’utilisateur d’un programme :

  • Liberté 0 : la liberté d’exécuter le programme comme tu veux.
  • Liberté 1 : la liberté d’étudier le code source et de le changer pour que le programme fasse ce que tu veux.
  • Liberté 2 : la liberté d’aider les autres, c’est-à-dire la liberté de redistribuer des copies exactes du programme, quand tu veux.
  • Liberté 3 : la liberté de contribuer à ta communauté, c’est-à-dire la liberté de distribuer des copies de tes versions modifiées du programme, quand tu veux.

Pour finir, voilà un extrait de l’interview donné à 01net lors de son passage à Paris pour la sortie de sa biographie. Vous verrez que ses remarques ne manquent pas de nous questionner sur nos habitudes de consommateurs :

Selon vous, quelles sont les forces et les faiblesses du logiciel libre ?
Notre force est d’avoir développé des systèmes d’exploitation et des applications libres pour presque toutes les activités informatiques ordinaires. Notre faiblesse est que la plupart de leurs utilisateurs n’ont pas conscience de l’idée même de la liberté pour laquelle nous nous battons.

Le « libre » va-t-il devenir une alternative aux grands éditeurs qui préservent jalousement leur code ?
Je ne connais pas l’avenir. Il dépend de vous tous. Si tu exiges la liberté et si tu luttes pour elle, nous pouvons construire ensemble un futur libre. Si tu penses commodité à court terme, tu seras victime de la colonisation numérique.

Vous avez sûrement suivi de près la « saga » Hadopi. Quel est votre avis sur le sujet ?
La Hadopi interdit la fraternité en attaquant la liberté. Elle nuit aussi à l’égalité, parce qu’une poignée d’organisations auront le pouvoir de dénoncer quelqu’un selon cette loi. Elle reflète donc la haine de Nicolas Sarkozy envers les droits de l’homme. Il a choisi de servir les entreprises du divertissement dans leur guerre globale contre la fraternité.

Quel peut être le modèle pour financer les artistes aujourd’hui ?
Le système actuel, fondé sur le droit d’auteur, ne rétribue pas de façon équitable la plupart des artistes, seulement les stars. Il finance aussi très bien les grandes entreprises. Cela ne justifie pas d’interdire aux gens de coopérer entre eux. Il faut donc remplacer le système.

« Écoutez » France Culture… en mp3

les 3 autres entretiens Le 4 novembre dernier, France Culture diffusait quelques émissions sur Claude Lévi-Strauss, décédé quelques jours auparavant. Ayant lu et énormément apprécié Tristes tropiques, je me suis empressé de podcaster ces émissions.

Plusieurs jours passent, et lors d’un footing, j’écoute sur mon balladeur l’émission spéciale Sur les docks qui lui avait été consacrée. Il s’agissait des deux premiers entretiens entre Georges Charbonnier et Claude Lévi-Strauss, datant de 1959 : « Parcours vers l’ethnologie » et « L’impossible comparaison des sociétés ». Réellement passionnant !

émission sur les docks Ce que je ne savais pas avant d’écouter l’émission, c’est que la suite de ces entretiens était disponible sur le site de France Culture, mais cette fois en écoute seulement (streaming)… pas de podcasts disponible. Ecoutez France Culture

Jean Lebrun, le journaliste, vantait d’ailleurs l’énorme richesse de la bibliothèque audio de France Culture. Je veux bien le croire, il doit y avoir de véritables trésors… Mettre toutes ces merveilles en téléchargement libre serait une incroyable ouverture sur la culture offerte aux citoyens… Après tout c’est une radio publique… y-aurait-il là aussi des problèmes de droits d’auteurs ?

Bref je voulais les enregistrer en format mp3, afin de pouvoir écouter la suite de ces entretiens sur mon balladeur. Comment faire ? ce fût très vite résolu…

Info
Mise à jour 5 juin 2010 :
Le site de France Culture a été refait, et la manip décrite ci-dessous ne fonctionne plus. Voir cet article désormais.

Récupérer les liens

La première étape consiste à récupérer les liens de streaming. En plaçant la souris sur chacun des boutons « Écoutez », faire un click droit, puis « copier l’adresse du lien ».
Ouvrir une fenêtre Terminal, puis taper wget suivi du lien précédemment copié. Ce qui donne pour le premier :

wget http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emission/surlesdocks/levi-strauss-3.rm

La commande wget vous permet de récupérer le fichier. Il ne reste plus qu’à l’ouvrir avec un éditeur de texte, et vous obtenez le lien suivant :

rtsp://son.radio-france.fr/chaines/france-culture/emission/surlesdocks/levi-strauss-3.rm

C’est typiquement un lien de streaming : le fichier a l’extension .rm pour Real Media, le protocole est rtsp pour Real Time Streaming Protocol.

Enregistrer le fichier localement

Parfait, il ne reste plus qu’à récupérer le fichier sur son disque dur. Sous Linux, mplayer fait ça très bien :

$ mplayer -dumpfile levi-strauss-3.rm -dumpstream rtsp://http://sites.radiofrance.fr/listen.php?file=/chaines/france-culture/emission/surlesdocks/levi-strauss-3.rm

Il faut bien sûr la même durée pour enregistrer le fichier que pour l’écouter. Pas de miracle ici…

Conversion en mp3

Il ne reste plus qu’à transformer ce fichier .rm en .mp3. Une rapide recherche sur le forum d’Ubuntu-Fr, et voilà un petit script qui fonctionne très bien :

#!/bin/sh
if [$1 -e ""]
then
  media_dir="."
else
  media_dir=$1
fi
echo Repertoire selectionné : $media_dir
for FILE in $media_dir/*.rm; do
  rm -f myfifo
  mkfifo myfifo
  (mplayer -ao pcm:file=myfifo $FILE &  )
  echo Debut de la conversion...
  lame --silent myfifo $FILE.mp3
  rename rm.mp3 mp3 $FILE.mp3 
  rm -f rmfifo
done

ATT : la ligne avec mplayer se termine par $FILE & )
Placez les fichiers .rm dans un répertoire, copiez-y le script (rendez-le exécutable), puis lancez-le. Et voilà, il ne reste plus qu’à les copier sur le balladeur…

Pour info, le site de France Culture précise que ces entretiens avec Georges Charbonnier ont été publiés en leur temps dans la collection 10-18. Il doit encore être possible de les trouver.

HADOPI 2 et la neutralité du Net

Conseil Constitutionnel Voilà, c’est fait : jeudi dernier, le Conseil Constitutionnel a validé le projet de loi HADOPI 2, belle récompense à l’obstination du gouvernement, et mauvais signe pour notre démocratie. Est-ce pour autant une victoire pour les artistes ? pas sûr, ils risquent même de ne rien voir changer en ce qui les concerne.

La vraie solution serait plutôt de repenser totalement les droits des artistes sur leurs oeuvres comme par exemple avec la licence Créative et surtout le Mécénat global, idée qui suit son chemin et qui a l’avantage de ne nécessiter aucun contrôle de type DRM ou surveillance du réseau.

Jérémie Zimmermann, porte-parole du collectif citoyen La quadrature du Net, résume ainsi la situation :

C’est un jour bien triste pour les libertés sur Internet en France. Qu’un texte comme l’HADOPI 2 puisse être ainsi validé en dit long sur l’état de nos institutions. Le chemin de croix de l’HADOPI continuera donc pour le gouvernement, qui paiera les conséquences de l’échec inévitable de sa mise en œuvre. Au programme de l’HADOPI, désormais : une note salée pour le contribuable, des condamnations injustes, et la résistance à ces mesures répressives… Les citoyens français n’ont plus qu’à louer des adresses IP dans des pays plus démocratiques.

Benjamin Bayart Il se trouve que le week-end dernier, j’ai écouté une conférence de Benjamin Bayart, expert en télécommunication et président de FDN, dont j’ai déjà parlé dans un article précédent : Internet ou minitel ? La conférence cette fois s’appelle : Qui cherche à contrôler internet ?

Il explique d’une manière limpide que le vrai problème soulevé par Hadopi n’est pas celui de la manière dont les enfants écoutent et partagent de la musique. Beaucoup plus fondamentalement, c’est la liberté d’expression qui est en jeu. Et elle passe par la neutralité du réseau, que certains voudraient bien contrôler. Il aborde aussi la question des droits d’auteur, avec quelques rappels essentiels.

En voilà un résumé. C’est un peu plus long que prévu, mais difficile de s’arrêter au cours de la (passionnante) démonstration… Si vous avez le temps, regardez la vidéo, vous bénéficierez en plus de l’humour à froid de Benjamin Bayart (j’ai tout de même laissé quelques remarques ou exemples de son cru).

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