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Le palmier et l’étoile – Leonardo Padura

Le palmier et l'étoile - Leonardo Padura C’est le troisième roman de Leonard Padura que je lis, sans compter « le cycle des quatre saisons » mettant en scène Mario Conde, policier cubain désabusé. Dans celui-ci, l’auteur nous emmène aux origines de l’indépendance de Cuba, par le biais de la poèsie.

Fernando, exilé en Espagne depuis dix-huit ans, revient à Cuba pour trouver un manuscrit autobiographique du grand poète José Maria Heredia, auquel il a consacré sa thèse. Il est aussi revenu pour découvrir qui parmi ses amis l’a trahi et forcé à l’exil.

Car il  sera beaucoup question d’exil dans ce roman (et de trahison): au XIXe siècle, José Maria Heredia le poète y est également contraint, impliqué qu’il est dans un mouvement conspirationniste (Cuba est alors sous domination espagnole) où l’a mené son idéalisme. Le roman se déroule alors sur trois époques différentes : contemporaine pour Fernando, début XIXe siècle pour José Maria Heredia, et début XXe siècle pour son fils José de Jésus Heredia, franc-maçon, chargé par son père de protéger un manuscrit.

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Joseph Conrad par Michel Renouard

conrad Après avoir lu Le cœur des ténèbres, et avant de lire d’autres romans de Joseph Conrad, je poursuis la découverte de cet auteur par sa biographie. C’est toujours bien de connaître la vie d’un écrivain, et Michel Renouard le fait très bien, n’hésitant pas à donner du contexte lié à l’époque ou aux personnages rencontrés.

Il nous dresse le portrait d’un homme à l’enfance marquée (exil, orphelin à onze ans), qui après une première vie de marin (pendant vingt ans), s’établit écrivain en Angleterre, pays dont il deviendra citoyen.

Grand travailleur, fumeur invétéré, mari fidèle (austère ?), il mènera souvent grand train, et son agent littéraire (qui s’occupe de tout, paie les factures, etc.. afin de limiter les dégâts) s’arrachera les cheveux. L’argent qu’il empruntera à ses amis ou relations, il ne le remboursera jamais. Conrad utilise pour cela un argument d’une logique imparable :

Ses livres, il n’en doute pas, rapporteront aux autres beaucoup d’argent, quand il sera mort. Quoi de plus normal, dès lors, s’il cherche, de son vivant, à profiter un peu de son travail ?

Il consacrera tout son temps à écrire des romans et des nouvelles (ainsi qu’une grosse correspondance), car si c’est un panier percé, il travaille dur pour nourrir sa famille, se vêtir élégamment, recevoir, etc… Toutes les œuvres de Conrad, si elles ont souvent un rapport à la mer, décrivent plutôt l’âme humaine à travers des personnages confrontés à leur destin. Il a toujours voulu écrire « pour le plus grand nombre ».

La vie ne nous connaît pas et nous ne connaissons pas la vie – nous ne connaissons même pas nos propres pensées.

Beaucoup d’entre elles ont été portées au cinéma, comme l’Agent secret par Alfred Hitchcock (1936) puis Christopher Hampton (1996), ou d’autres comme Le cœur des ténèbres qui inspira Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.

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Coquelicots et hulotte à l’île de Ré

Voilà deux jolies photos prises le week-end dernier à l’île de Ré : malgré son air attendrissant, la petit hulotte a appelé désespérément sa mère toute la nuit : quand vous campez tout près de là,  le sommeil est plus long à venir… mais comment lui en vouloir ?

petite hulotte tombée du nid
petite hulotte tombée du nid

Si la photo ci-dessus a été prise avec un vrai appareil photo, celle ci-dessous l’a été avec mon smartphone (5 Megapixel)… et ça se voit !

champ de coquelicots (La Flotte)
champ de coquelicots (La Flotte)

Framabee le (méta-)moteur de recherche

framabee Suite à l’initiative de Framasoft de Dégooglisation d’Internet (voir cet article), dont le but est de fournir un équivalent aux principaux services internet, mais cette fois en respectant la vie privée, voici le moteur de recherche Framabee.

Framabee est un méta-moteur de recherche, basé sur Searx parce qu’il s’agit d’un logiciel libre. Il va interroger différents moteurs de recherche et nous renvoyer les résultats de manière totalement anonyme.

Basé sur Seeks (projet qui n’est plus très actif apparemment), et grâce à la technologie P2P, Searx regroupe en temps réel les requêtes de différents utilisateurs, et optimise ainsi les résultats. Interrogeant plusieurs moteurs de recherche, dont certains spécialisés, il est susceptible de fournir plus de résultats qu’un moteur de recherche classique.

Toutefois, ne gardant aucune information sur vous, il vous libère de l’effet «bulle de filtre», et paradoxalement pourra vous paraître moins pertinent que Google.

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Nouveau thème : Fourteenpress

thème fourteenpress Voilà, un nouveau thème est maintenant actif, il s’agit du thème Fourteenpress, qui est en fait un « child theme » de Twenty Fourteen, mais adapté aux blogs.

Twenty Fourteen est l’un des thèmes proposés de base par wordpress, mais offrant un affichage de type Magazine, qui ne me convenait guère. Fourteenpress, le thème-enfant donc, se résume globalement à un fichier de style CSS, qui suffit à modifier toute l’apparence, c’est d’ailleurs assez bluffant.

Tout cela fait suite à l’initiative de Google destinée à privilégier les sites adaptés aux mobiles (voir l’article Google mobile-friendly : il va falloir changer mon thème).

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De l’inégalité parmi les sociétés – Jared Diamond

De l'inégalité parmi les sociétés - Jared Diamond Livre conseillé par mon libraire, mais qui est resté pas mal de temps sur l’étagère : j’avais peur que cela soit un peu trop difficile à lire. Il n’en fût rien, bien au contraire : c’est manifestement bien traduit, et l’auteur est très clair dans ses explications.

Il en résulte un gros livre certes (près de 700 pages), mais qui se lit facilement, et où l’on a hâte de retourner tant ce que nous explique l’auteur est passionnant.

Le titre original est peut-être plus parlant : « Guns, germs, and steel. The fates of human societies » (1997). Soit « Armes, germes, et acier. Les destins des sociétés humaines ».

L’auteur propose même un résumé en une phrase :

L’histoire a suivi des cours différents pour les différents peuples en raison des différences de milieux, non pas de différences biologiques entre ces peuples.

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Extension du domaine de la lutte – Michel Houellebecq

Extension du domaine de la lutte - Michel Houellebecq Deuxième roman de Houellebecq que je lis (après La carte et le territoire), et qui est son tout premier roman publié, il y a déjà quelques années, c’était en 1994 !

Petit roman de 150 pages en format poche, il ne faut pas trop de temps pour le lire. Le style est fluide, et la lecture aisée, comme sait faire Houellebeq.

C’est l’histoire d’un cadre informaticien de trente ans, complètement désabusé, et manifestement en phase de dépression. Il va nous raconter son histoire, et ce sera plutôt sombre… avec heureusement quelques pointes d’humour ici où là.

Dégoûté par un travail sans intérêt, sa vision de la société est sans espoir. Il vit seul, n’a pas de succès avec les femmes, et pense au suicide. Malgré tout, il évolue toujours dans ce monde libéral qu’il exècre, acteur totalement passif et observateur attentif des failles de notre société de consommation où il ne se reconnaît pas, où l’humain et l’amour n’ont plus vraiment de place.

Peut-être que Houellebecq parle un peu de lui ici, à travers son héros. Au final, un livre assez agréable à lire, même si l’ensemble est tout de même très sombre : pas de happy-end ici, le héros termine le roman avec ces mots :

J’en ai mal à la peau. Je suis au centre du gouffre. Je ressens ma peau comme une frontière, et le monde extérieur comme un écrasement. L’impression de séparation est totale ; je suis désormais prisonnier en moi-même. Elle n’aura pas lieu, la fusion sublime ; le but de la vie est manqué. Il est deux heures de l’après-midi.

Autres articles sur le blog à propos de Michel Houellebecq :

Michel Houellebecq (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l’un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par « Extension du domaine de la lutte » (1994) et surtout « Les particules élémentaires » (1998). Élevé d’abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.

La Pharisienne – François Mauriac

La Pharisienne - François Mauriac Deuxième roman de François Mauriac que je lis, après Le Sagouin. L’histoire se passe toujours au sein de la bourgeoisie catholique bordelaise, et le portrait de cette pharisienne que dresse Mauriac est sans concession.

Mais qu’est-ce qu’une pharisienne ? je n’en savais rien, et wiktionary m’a éclairé : au sens propre, les pharisiens sont une secte du peuple juif qui affectaient de se distinguer par la sainteté extérieure de leur vie.

Par analogie, c’est une personne qui, sûre de soi, juge de haut, avec orgueil et dureté, les actions ou les opinions des autres. C’est précisément le cas de Brigitte Pian dans ce roman : se sentant investie d’une mission par le Seigneur, aspirant à la sainteté, elle est sans pitié avec les personnes qui l’entourent quand elle estime qu’ils ne sont pas dans le droit chemin.

L’histoire est racontée par Louis, son beau-fils, alors jeune adolescent, ce qui donne beaucoup de fraîcheur à la narration. Là aussi, Mauriac excelle à décrire les pensées et questionnements d’un adolescent…

C’est magnifiquement écrit, la description des sentiments humains et du milieu social est profonde, ce qui est semble-t-il la spécialité de Mauriac. Le plus fort, je trouve, c’est que la fameuse Brigitte n’est pas grossièrement caricaturée : au contraire, ses sentiments sont longuement décrits, comme les motivations de ses actions. On en arriverait à plaindre la marâtre !

Elle finira par se rendre compte de ses errements, confrontée aux conséquences de ses actions… Voici le dernier paragraphe du roman :

Elle ne se dérobait pas lorsque je faisais allusion aux événements passés ; mais je compris qu’elle était détachée même de ses fautes et qu’elle abandonnait le tout à la Miséricorde. Au soir de sa vie, Brigitte Pian avait découvert enfin qu’il ne faut pas être semblable à un serviteur orgueilleux, soucieux d’éblouir le maître en lui payant son dû jusqu’à la dernière obole, et que Notre Père n’attend pas de nous que nous soyons les comptables minutieux de nos propres mérites. Elle savait maintenant que ce pas de mériter qui importe, mais d’aimer.

Amen !

François Mauriac (1885-1970) est un écrivain  français, prix Nobel de littérature en 1952. Il se révèle un remarquable analyste des passions de l’âme et un virulent pourfendeur de la bourgeoisie provinciale. Politiquement à droite, il soutient durant la guerre d’Espagne les Nationalistes dans un premier temps, puis se range, avec les chrétiens de gauche, du  côté des Républicains espagnols après le massacre de Guernica. Il soutiendra également l’indépendance de l’Algérie, et se ralliera au général De Gaulle sous la Ve République.

Fuerteventura

Accéder à l'album Début avril, direction Fuerteventura (Canaries) avec des amis pour une semaine de vacances. L’hôtel était situé au sud de l’île, à Tarajalejo, un petit village de pêcheur avec pas grand chose autour.

Le coin était donc plutôt tranquille, ce qui n’était pas pour nous déplaire, d’autant que l’hôtel était plutôt agréable, avec piscine, jacuzzi et sauna.

La température était un peu plus basse que prévue (21°C), le vent toujours présent (pas de surprise ici)… et donc le soir, petite laine obligatoire !

Nous nous sommes bien sûr baladés dans cette île aux paysages lunaires : Betancuria, Ajuy, Costa Calma, Corralejo… Voilà les photos.

Le Sagouin – François Mauriac

Le Sagouin - François Mauriac C’est un collègue qui m’a parlé de cet auteur, se disant fan de l’écriture de François Mauriac, mentionnant « Le sagouin » et « La pharisienne » comme ses livres favoris.

Aussitôt dit, aussitôt commandés, et je commence donc par celui-ci, petit roman d’une bonne centaine de pages aux caractères assez gros… Il se lit donc  très vite.

C’est l’histoire du petit Guillaume, Guillou, surnommé « le Sagouin » par sa mère (je vous laisse deviner l’amour maternel de celle-ci). Cette dernière, venant de la bourgeoisie bordelaise, a souhaité faire un mariage avec une famille noble, mais en paie le prix : sa belle-mère, la vieille baronne, la déteste et la considère comme une étrangère de rang inférieur… Son mari, effacé, la tient à distance, comme le reste d’ailleurs. Seule reste la cuisinière, Fräulein, offrant au petit Guillou l’affection dont il a tellement besoin.

Guillou est considéré comme un bon à rien, qui plus est renvoyé du pensionnat des jésuites car il salit encore ses draps… La famille intercède alors auprès de l’instituteur du village pour qu’il lui donne des cours. La manœuvre échoue car l’instituteur, socialiste, ne transige pas avec la lutte des classes ! Mais c’est l’occasion de découvrir la passion qu’a Guillou pour la littérature, là où son imagination d’enfant peut s’envoler.

Dans un style concis, précis, François Mauriac nous raconte tout cela, et ce qu’il en adviendra. Roman sombre, où l’on est surpris par la fin sans recours. Petit roman par la taille, mais que de choses sont dites…

François Mauriac (1885-1970) est un écrivain  français, prix Nobel de littérature en 1952. Il se révèle un remarquable analyste des passions de l’âme et un virulent pourfendeur de la bourgeoisie provinciale. Politiquement à droite, il soutient durant la guerre d’Espagne les Nationalistes dans un premier temps, puis se range, avec les chrétiens de gauche, du  côté des Républicains espagnols après le massacre de Guernica. Il soutiendra également l’indépendance de l’Algérie, et se ralliera au général De Gaulle sous la Ve République.