L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique

Voilà une vidéo un peu longue (46 min) mais passionnante, à propos de la crise économique. Il s’agit d’une conférence/débat à la fonderie Kugler, en Suisse, avec deux intervenants : l’économiste Myret Zaki, et un professeur de droit, Étienne Chouard.

Je ne sais pas si vous vous souvenez d’Étienne Chouard.
À l’époque du référendum sur la constitution européenne, son analyse était la suivante :

On assiste donc à une confusion des pouvoirs dans les mains d’un exécutif (Conseil + Commission) largement irresponsable, et à une absence quasi totale de contre pouvoir face à cet exécutif tout puissant dont le moindre règlement a pourtant une valeur supérieure à toutes les Constitutions nationales des pays membres.  Un immense pouvoir donc, sans contre pouvoir.  On se demande si le « Parlement » européen ne mérite pas des guillemets : il semble être mis là pour faire illusion, pour donner l’apparence de la démocratie, mais il est privé en réalité d’une large part de ses prérogatives traditionnelles fondamentales.

Il avait fait beaucoup parler de lui… et emporté mon vote ! Les 5 points qu’il soulevait étaient  :

  1. Une Constitution doit être lisible pour permettre un vote populaire : ce texte-là est illisible.
  2. Une Constitution doit être politiquement neutre : ce texte-là est partisan.
  3. Une Constitution est révisable : ce texte-là est verrouillé par une exigence de double unanimité.
  4. Une Constitution protège de la tyrannie par la séparation des pouvoirs et par le contrôle des pouvoirs : ce texte-là organise un Parlement sans pouvoir face à un exécutif tout puissant et largement irresponsable.
  5. Une Constitution n’est pas octroyée par les puissants, elle est établie par le peuple lui-même, précisément pour se protéger de l’arbitraire des puissants, à travers une assemblée constituante, indépendante, élue pour ça et révoquée après : ce texte-là entérine des institutions européennes qui ont été écrites depuis cinquante ans par les hommes au pouvoir, à la fois juges et parties.

Dans la vidéo ci-dessus, Myret Zaki explique d’abord la crise économique (dette, US et UK, marchés, spéculateurs, CDS, l’Europe, la Grèce, etc…), puis Étienne Chouard va nous rappeler ce qu’est la monnaie, et comment les États se sont vus interdire d’emprunter à leur banque centrale (sans intérêt) mais aux banques privées (avec intérêts).

Pour cela, en France, nous pouvons remercier Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild, à laquelle la France fit ses premiers emprunts. On commence à voir la mécanique se mettre en marche (c’est la même chose partout, Pompidou n’est pas une exception).

Ajoutez à cela que la Constitution, puisqu’elle est écrite par nos élus, ne peut nous défendre (nous le peuple) comme elle est censée le faire, et vous allez commencer à voir l’ensemble du «système». Et si le peuple en fait les frais, d’autres s’en arrangent très bien.

En quelques mots : l’État est créé pour nous protéger (sinon c’est la jungle). Puis nous élisons des représentants pour gouverner, ils deviennent le pouvoir. Au-dessus de ceux-ci est la Constitution, chargée de nous protéger des abus du pouvoir. Montesquieu l’expliquait déjà :

La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés… Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

Si ce sont nos élus qui écrivent la Constitution, alors nous avons un gros problème… Peut-on toujours parler de démocratie ? d’oligarchie certainement. Mais ce n’est qu’un aspect de sa démonstration. La démocratie grecque procédait par tirage au sort…

L’intervention d’Étienne Chouard commence à la 35ème minute, puis il y a des questions-réponses avec le public… mais toute la vidéo est intéressante et mérite d’y consacrer un peu de temps !

Si le sujet vous intéresse, voilà un conseil de lecture d’Étienne Chouard :

  • « Principes du Gouvernement Représentatif » de Bernard Manin.

Il est actuellement épuisé, mais sera réédité en octobre 2012 selon mon libraire. Je l’ai donc commandé ! 😉

Info
25 Décembre 2012 : J’ai depuis reçu et lu le livre, et fait un article ici.

La montagne Sainte-Victoire

Accéder à l'album J’étais dans le sud la semaine dernière, et j’ai fait un arrêt à Trêts, chez ma sœur Martine. Le soir, autour de la table, je fais l’erreur de dire que je n’étais jamais monté à la montagne Sainte-Victoire. Blaise, mon beau-frère, conseille le sentier jaune, histoire de dire que je ne suis pas venu pour rien.

Le lendemain matin, nous étions à pied d’œuvre avec Martine : je m’attendais à un GR bien tranquille malgré un dénivelé incontournable (face nord), mais le sentier jaune était côté sud. Il a donc fallu grimper, avec quelques passages pas forcément évidents, tout en restant abordables fort heureusement… Au final, un point de vue magnifique et la satisfaction d’être passé par le sentier jaune ! (avec un bon guide).

Rhum express – Hunter S. Thompson

Rhum express - Hunter S. Thompson C’est le troisième bouquin de Hunter S. Thompson que je lis : j’avais commencé par Las Vegas parano (1972), récit totalement déjanté d’une escapade à Las Vegas par un journaliste et son avocat sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, illustrant ainsi la fin du rêve américain… C’était aussi la découverte du journalisme gonzo, inventé par Thompson, et consistant à s’immerger dans le sujet à traiter, avec toute la subjectivité que cela entraîne.

J’avais ensuite lu Hell’s Angels (1965) : Hunter S. Thompson, fasciné par le groupe de motards légendaire, intègre ce dernier pendant un an… L’histoire se terminera mal, puisque Thompson manquera d’y laisser sa peau (une « querelle éthylique spontanée » dira-t-il), mais le récit est captivant et le roman-reportage celui d’un vrai journaliste certes, mais aussi d’un grand écrivain. Ça fait même froid dans le dos… aller se mêler à une bande comme ça, il ne faut pas avoir peur !

Rhum express est le deuxième roman de Thompson (1961), et inspiré de ses premières années de carrière : Kemp, journaliste globe-trotter d’une trentaine d’années, se retrouve à Porto Rico, embauché par un petit journal local plutôt minable et sur le point de faire faillite. Déjà complètement désabusé sur le métier de journaliste et même sur la vie en général, il n’a pas de mal à se faire des amis auprès de quelques collègues dans le même état que lui. Porto Rico est à l’époque une cible de choix pour le capitalisme américain (l’expérience Cubaine aidant), et les projets de développement touristique en plein essor (ainsi que les magouilles afférentes). Le rhum aidant, les compères vont vite s’attirer des ennuis…

Continuer la lecture de Rhum express – Hunter S. Thompson →

Ubuntu 12.04 – Installation et personnalisation

precise pangolin La dernière version d’Ubuntu vient de sortir, la 12.04. Le nom de code choisi est Precise Pangolin (le pangolin précis), ce dernier étant un petit mammifère insectivore vivant dans les régions tropicales et équatoriales d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. C’est une version LTS (Long Time Support), et l’accent a été mis sur la robustesse, la finition et la performance.

Et donc pas vraiment de grands changements dans cette version. Vous trouverez ici un article très complet sur cette nouvelle mouture : améliorations d’Unity v5 (l’interface par défaut d’Ubuntu depuis quelques versions), améliorations de LightDM (l’écran de login), le client d’Ubuntu One réécrit totalement en Qt, GNOME Shell en v3.4, le noyau Linux 3.2, et quelques autres modifications peu apparentes à l’utilisateur.

Les versions précédentes ayant reçues pas mal de critiques en terme de qualité, le processus de développement a été modifié pour y remédier. C’est donc à priori une bonne version, et qui sera supportée pendant 3 ans donc (LTS).

precise pangolin De mon côté, j’en ai profité pour faire une installation au lieu d’une mise à jour. Cela faisait 3 ans je crois que je faisais des mises à jour (upgrade)… Ma partition root occupait 36 Go !! Après l’installation, je suis redescendu à 4 Go… Bien sûr je n’ai pas encore réinstallé tous les logiciels dont je me sers (je le ferai au fur et à mesure de mes besoins), mais le nettoyage valait visiblement le coup (MàJ: deux jours après, je suis à 9 Go).

Ce qui est très pratique, c’est d’avoir une partition home séparée, ce qui permet de retrouver ses réglages d’applications automatiquement. Ainsi, après avoir installé VirtualBox, mes machines virtuelles bien que stockées sur un disque externe ont été retrouvées sans avoir quoique ce soit à faire.

Voilà quelques notes prises durant cette installation, pour revenir à mon environnement habituel (avec des images).

Continuer la lecture de Ubuntu 12.04 – Installation et personnalisation →

Le gai savoir – Friedrich Nietzsche

Le gai savoir - Friedrich Nietzsche C’est le deuxième livre de Nietzsche que je lis, après Par delà bien et mal, et qui se présente sous la même forme, à savoir une série de textes courts, autant de réflexions sur une multitude de sujets comme la morale, la science, la logique, la santé, la religion, etc… bref sur la vie.

Je n’ai pas respecté l’ordre chronologique, puisque Nietzsche dit du Gai savoir qu’il est une introduction à Ainsi parlait Zarathoustra, de même que Par-delà bien et mal est son commentaire.

Je ne suis d’ailleurs pas pressé de lire Ainsi parlait Zarathoustra, poème philosophique et probablement l’œuvre majeure de Nietzsche, mais réputée hermétique, comme l’avoue son auteur lui-même :

Hélas ! mon Zarathoustra cherche encore cet auditoire [capable de le comprendre], il le cherchera longtemps.

Le genre de bouquin que l’on peut relire dix fois, ou emmener sur une île déserte ! 😉

Pour en revenir au Gai savoir, comme pour Par-delà bien et mal, c’est l’occasion de remettre en cause certaines idées reçues, et donc de commencer à penser par soi-même. C’est sans doute le grand intérêt qu’il y a à lire Nietzsche.

Tout n’est pas égal, ou peut-être certains textes m’ont parlé plus que d’autres…parfois je n’ai rien compris à ce qu’il voulait dire, et pour d’autres je pense qu’il a bien déliré. L’ensemble est tout de même excellent, et on ne trouve pas dans celui-ci certaines idées plus que contestables rencontrées dans Par-delà bien et mal comme par exemple sur les femmes, le peuple ou l’aristocratie, ou encore son concept du surhomme.

Nietzsche publie Le gai savoir en 1882, alors qu’il est convalescent (il sera malade toute sa vie). En 1879, il obtient une pension car son état de santé l’oblige à quitter son poste de professeur de philosophie à Bâle. Il commence alors une vie errante dans le sud de la France et en Italie. Voici ce qu’il dit dans la préface :

Ce livre aurait sans doute besoin de plus d’une préface ; en fin de compte, subsistera toujours le doute que quelqu’un, pour n’avoir rien vécu d’analogue, puisse jamais être familiarisé par des préfaces avec l’expérience préalable à ce livre. Il semble écrit dans le langage d’un vent de dégel : tout y est pétulance, inquiétude, contradiction, comme un temps d’avril, si bien qu’on y est constamment rappelé à l’hiver encore tout récent comme à la victoire remportée sur l’hiver, à cette victoire qui vient, qui doit venir, qui peut-être est déjà venue… La reconnaissance y coule à flots, comme si l’événement le plus inespéré venait de se produire, la reconnaissance d’un convalescent — car la guérison était cet événement le plus inespéré. Le « Gai Savoir » : voilà qui annonce les Saturnales d’un esprit qui a patiemment résisté à une longue et terrible pression — patiemment, rigoureusement, froidement, sans se soumettre, mais aussi sans espoir —, et qui tout d’un coup se voit assailli par l’espoir, par l’espoir de la santé, par l’ivresse de la guérison.

Comme d’habitude, voilà quelques extraits pour vous faire une idée.

Continuer la lecture de Le gai savoir – Friedrich Nietzsche →

Enquête sur une supercatastrophe nucléaire

fukushima Fukushima, c’était il y a un an, le 11 mars 2011. Un reportage sur Arte intitulé « Enquête sur une supercatastrophe nucléaire » retraçait tout ce qui s’est passé dans la centrale au moment de la catastrophe, avis d’experts internationaux à l’appui, puis comment le gouvernement et Tepco ont géré la chose via les médias… Finalement, les deux parties du reportage sont aussi inquiétantes l’une que l’autre.

La première partie est donc consacrée à l’événement lui-même : tremblement de terre suivi d’un tsunami qui endommagent sévèrement la centrale. C’est le début d’une série moire : l’alimentation des réacteurs 1, 2 et 3 est interrompue. Quelques minutes plus tard, des masses d’eau emportent les réservoirs de fioul du groupe électrogène. C’est le black-out complet dans la centrale. Une heure plus tard, c’est le circuit de refroidissement des réacteurs 1 et 2 qui est défaillant. La supercatastrophe est inéluctable, plus rien ne peut l’arrêter.

Que l’on se retrouve sans eau ni électricité sur ce type de centrale était inimaginable.

Ensuite, ce ne sera plus qu’une course pour empêcher que la catastrophe ne devienne encore plus grave… Mais comme le dit Wolfgang Kromp de l’Institut des sciences de la sécurité et des risques nucléaires :

L’erreur fatale, c’est d’installer une centrale nucléaire sur une faille sismique. […] La politique nucléaire du Japon est irresponsable.

La deuxième partie porte sur le traitement médiatique, les explications fournies par Tepco ou le gouvernement, toujours pour rassurer et dédramatiser, quitte à nier l’évidence. Les journalistes ne respectant pas cette ligne seront systématiquement écartés. À l’international, le lobby nucléaire (Areva, General Electric, Westinghouse) œuvre dans le même sens. On peut parler d’un complexe médiatico-nucléaire.

Un bel exemple de manipulation médiatique en tout cas. Mais si les médias préfèrent minimiser le problème, c’est le contraire que nous apprend ce reportage. Le Japon est bel et bien passé tout près d’une catastrophe qui l’aurait littéralement coupé en deux.

Et si le pire n’est pas arrivé, les prochaines décennies pourraient voir venir de l’ordre d’un million de personnes atteintes de cancer…

Continuer la lecture de Enquête sur une supercatastrophe nucléaire →

Akismet ne fonctionne plus chez Free

Akismet Laisser les commentaires ouverts sur le blog, cela veut dire recevoir plein de spams.

J’utilise pour le filtrage le plugin Akismet qui fonctionne plutôt pas mal, qui est gratuit pour les particuliers, et fournit par défaut avec WordPress.

Le principe est simple : à chaque commentaire, il se connecte sur un de leurs serveurs pour une série de tests, et renvoie une réponse positive ou négative. Jusque là tout va bien.

J’avais toutefois pas mal de confirmation à faire manuellement (une vingtaine par jour) : commentaires détectés comme suspects par Akismet, mais qui n’ont pas pu être vérifiés, probablement parce que le serveur n’a pas pu être contacté à ce moment là. Ce qui donne ce message dans le panneau d’admin wordpress :

Donc ce matin, j’ai voulu mettre à jour le plugin à la dernière version 2.5.5 (j’étais en 2.5.3) voyant qu’ils avaient amélioré cette partie :

Add more checks on the scheduled re-check feature, force it to be no more than 20 minutes in the future.

Hélas, impossible de réactiver le plugin, et les spams commencent à tomber :
commentaire

Il était urgent de faire quelque chose !

Continuer la lecture de Akismet ne fonctionne plus chez Free →

Lectures, Ubuntu, Smartphone, Cinéma, entre autres…