Archives de catégorie : Société

Le temps qu’il fait…

Sur le blog de Paul Jorion, on trouve tous les vendredi une petite vidéo, sorte de billet d’humeur de la semaine. Celui de cette semaine est particulièrement intéressant : il nous parle du fameux +0,3% du PIB à propos duquel Christine Lagarde s’est empressé de communiquer, allant même jusqu’à parler de « sortie de récession ».

Paul Jorion nous en dit un peu plus sur les raisons de ce (bon) chiffre. Puis il parle de Gary Shilling, économiste américain qui ne s’est pas trompé depuis 1970 dans ses prévisions et analyses économiques, et pour qui la sortie de crise serait plutôt 2012.

Enfin, quelques mots sur les banques avec un terrible « les banques ne prêtent pas à quelqu’un qui sera insolvable demain ». Heureusement, il termine sur une note légèrement optimiste…

>>> video disparue du web… rien n’est éternel sur le net 🙁 <<<

Evidemment très différent du discours officiel…

Paul Jorion

Paul Jorion à France Info Les informations fournies à propos de la crise économique actuelle sont volontiers assez optimistes. Les grands de ce monde gèrent le problème, les erreurs (errements ?) d’hier ne seront plus possibles, on commence à pressentir les prémices d’une reprise, etc… Dormez bonnes gens, il n’y a rien à voir, on s’occupe de tout.

Heureusement, il reste des voix indépendantes, et l’on arrive tout de même à entendre un autre son de cloche. Paul Jorion est l’une d’entre elles : docteur en sciences sociales de l’université libre de Bruxelles, diplômé en sociologie et anthropologie sociale. Il a enseigné dans plusieurs grandes universités, et travaillé aux Nations-Unies sur des projets de développements en Afrique.
Durant les dix dernières années, Paul Jorion travaillait  dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française.

Je suis tombé sur son blog récemment, où l’on trouve des articles vraiment très intéressants ; les commentaires sont également de qualité : le blog est manifestement bien tenu. Tout n’est d’ailleurs pas écrit par Paul Jorion, d’autres auteurs participent.

Comme précisé sur le site, le blog est consacré à une réflexion générale sur les questions du monde contemporain et n’aborde les questions financières – parmi une multitude d’autres – que sous ce seul angle. Evidemment, en ce moment, on parle beaucoup de  l’économie.

Indépendant, et ne voulant pas rendre l’accès à son blog payant, il a même initié un service de don, car gérer ce blog prend du temps.

Vous avez la gentillesse de louer mon indépendance : je ne travaille en effet pas pour une entreprise, je n’enseigne pas non plus, ni ne veut bénéficier de la publicité – qui n’est pas ma tasse de thé ! Je vis exclusivement de mes droits d’auteurs et de vos contributions. Je pourrai continuer d’écrire comme je le fais aujourd’hui tant que vous m’y aiderez.

Je refuse d’opérer parmi vous une sélection par l’argent : je veux que l’accès à mes textes reste gratuit parce que j’entends continuer de m’adresser à ceux pour qui tout ce qui n’est pas gratuit est trop cher. Et il me faut du coup compter sur d’autres qui pourraient contribuer davantage – mais sur une base strictement volontaire.

Pour qu’il n’y ait pas d’abus de ma part, je publierai mes comptes tous les six mois, ce qui vous permettra de juger la manière dont j’utilise ces fonds. Si la formule produit plus que le nécessaire – on peut rêver ! – les sommes seront redistribuées dans le même esprit : pour le développement d’une presse « alternative » : en faisant monter à bord d’autres « journalistes presslib’ » (et pourquoi pas vous ?).

Si vous voulez écouter ce qu’il nous dit, il est passé récemment sur France Info et sur France 3. On peut encore écouter les deux émissions sur les liens ci-dessous. Une petite heure à chaque fois, d’informations que l’on a pas souvent l’occasion d’entendre. Il faut dire que ce n’est guère rassurant, en particulier sur l’état de l’économie américaine, d’où beaucoup de choses découlent.

Parlons Net – France Info (sur la crise)

Ce soir ou jamais – France 3 (sur Obama et son discours)

Un blog à consulter sans modération. Je l’ajoute à ma liste de liens, au bas de la colonne de droite.

LEAP et le sommet du G20

logo L.E.A.P LEAP signifie Laboratoire Européen d’Anticipation Politique. C’est un site européen, indépendant de tout gouvernement, groupe d’intérêt, et alimenté par des centres de recherche et des chercheurs individuels. Europe 2020 est son site web.

La chose intéressante, c’est qu’ils avaient prédit une crise économique d’une grande ampleur dès 2006… Je vous conseille fortement d’aller lire leur dernier article, joliment intitulé :

Sommet du G20 de Londres : la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale

En résumé, LEAP/Europe2020 donne trois conseils aux grands de ce monde, en leur précisant qu’ils ont le choix entre une crise de 3 à 5 ans ou un crise de plus d’une décennie (le moteur est cassé, rien ne sert de remettre de l’huile, il faut le changer) :

  1. La clé de la crise, c’est la création d’une nouvelle devise internationale de référence !
  2. Contrôlez l’ensemble des banques au plus vite !
  3. Faites évaluer au plus vite par le FMI les systèmes financiers US, britannique et suisse !

Il est également demandé au G20 d’écrire un communiqué simple et bref, car « vous avez désormais à restaurer la confiance chez 6 milliards de personnes« .

Maintenant comparez avec le résultat du sommet du G20… Etes-vous rassuré ?

Chapprouve

Anne Loucks ne manque ni d’humour, ni d’imagination. Elle a également un chat appelé Simba. Jusque là tout va bien.

Lassée de devoir cliquer « J’accepte » lors de l’installation de logiciels, vous savez, ces contrats de licences que personne ne lit, elle a décidé que dorénavant, ce serait Simba qui en prendrait la responsabilité.

c'est moi Simba

Mais comment faire ? voilà le mode d’emploi (on peut également utiliser un chien, ou un enfant, celui du voisin de préférence).

Simba approuve le contrat de licence Pour le savoir, consultez l’article traduit par Framasoft disponible ici.

Si vous préférez l’anglais ou l’article original, c’est ici.

C’est vraiment très drôle ! bon, juridiquement, il y a quand même un risque d’inculpation, au moins au titre de complicité, voir d’instigateur. Simba ne serait alors qu’une pauvre victime ayant agit de bonne foi, abusée par des stratagèmes fallacieux.

Le modèle Wal-Mart

wall-mart logo Sous le titre Travailler plus pour gagner moins, par Gilles Biassette et Lysiane J. Baudu, un livre raconte l’histoire et le fonctionnement de Wal-Mart. Le livre a suscité un article dans le Canard de cette semaine, dans la très bonne rubrique Plouf!. Qui lui même a suscité cet article, car les informations qui y sont mentionnées éclairent d’un angle intéressant le fonctionnement de cette chaîne de supermarchés américains.

Un peu d’histoire d’abord : en 1962, Sam Walton ouvre une épicerie au fin fond de l’Arkansas. Aujourd’hui, l’épicerie est devenue une chaîne de supermarchés, et la plus grosse boite privée du monde. Elle laisse loin derrière elle les boites qui font souvent la Une : Microsoft, McDo, Nike, Coca-Cola… avec un chiffre d’affaire de 378 milliard de dollards, soit sept fois plus que celui de Microsoft. Le reste est à l’avenant : deux millions de salariés (plus gros employeur mondial), 4000 magasins aux 2tats-Unis, 3000 ailleurs dans le monde.

Quel est donc le secret de cette réussite fulgurante ? Wal-Mart offre les prix les plus-bas d’Amérique, inférieurs de 15% à ses concurrents. Et comment y arrive-t-il ?
D’abord en s’approvisionnant à l’étranger, là où les salaires sont les moins chers : 80% des articles vendus par Wal-Mart viennent de Chine (bonjour le tissu industriel local). Puis en utilisant intensivement les nouvelles technologies : informatique pour tracer en temps réel le produit scanne la caissière, satellites pour la gestion du flux des containers à travers le monde, etc.

Mais aussi en pressurant les salariés (euh, les « associés ») : emplois massivement partiels, salaires minimum, couverture sociale minimale, syndicats interdits, et flexibilité à outrance. Les magasins sont ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, et les associés sont fermement incités à accepter de travailler un week-end complet ou au moins un jour par semaine, d’être enfermé à clef dans l’entreprise en dehors des heures d’ouverture (ah bon, ils ferment de temps en temps quand même). A oublier les quarts d’heure de pause, de faire noter les heures supplémentaires…
Les associés en question se barrent évidemment dès qu’ils le peuvent. Wal-Mart a le plus gros « turnover » des Etats-Unis. Et c’est parfait : il n’y a pas de petites économies, autant de pris sur les primes (ancienneté, bonus, santé, vacances).

Comme le résument les auteurs du livre :

Henry Ford payait bien ses salariés pour qu’ils puissent s’acheter ses voitures, Wal-Mart paie mal les siens pour qu’ils soient obliger d’acheter ses produits.

Résumé de l’article : des salariés à temps partiel, mal payés, n’ayant pas les moyens de la ramener. Des prix écrasés pour que le gouvernement puisse dire voyez-votre-pouvoir-d’achat-ne-baisse-pas. Voilà le modèle dont rêve notre président auto-proclammé du pouvoir d’achat. Le travail du dimanche ne devrait être qu’un premier pas.

(le Canard enchaîné – mercredi 17 décembre 2008)

Chomsky et Cie

l'affiche du film Un reportage radio qui devient un film, c’est plutôt rare. En mai 2007, l’émission ‘Là-bas si j’y suis’ diffuse une série d’entretiens avec Noam Chomsky (sept émissions que l’on peut écouter ou podcaster sur le site www.la-bas.org). Le reportage de Daniel Mermet et Giv Anquetil ayant été filmé par Olivier Azam, le collectif Les mutins de Pangée décident d’en faire le montage et la production. Le film obtint le soutien du CNC, ce qui facilita les choses.

A partir du 26 novembre, le film va être distribué dans les salles, partout où ce sera possible. On trouve la liste ici, avec des cinés indépendants genre Utopia, ou au festival du film militant d’Aubagne par exemple. Inutile de le chercher dans les Gaumont et autres UGC…

De quoi s’agit-il ? N’ayant ni vu le film, ni écouté les émissions (mais je vais faire les deux), je ne peux que vous dire qu’on y retrouve Normand Paillargeon, l’auteur du Petit traité de défense intellectuelle que j’ai lu récemment. Et que Chomsky est un professeur de linguistique, se définissant comme anarchiste socialiste, et critiquant la politique étrangère des États-Unis, le fonctionnement des médias, et accessoirement les intellectuels, en tout cas une certaine catégorie. J’ai trouvé cette définition sur le net :

Inlassable, inclassable, implacable, « l’intellectuel le plus populaire et le plus cité au monde » poursuit la mise à nu des mécanismes de domination avec une étonnante vitalité. Mais pas d’hagiographie, pas de prêt à penser. Souvent l’intellectuel est celui qui veut nous faire penser comme lui.
Au contraire, Chomsky nous incite à développer par nous-mêmes une pensée critique contre les différentes formes de pouvoir et les idéologies qui les justifient. Il montre que les changements sociaux sont à notre portée.

Sur le site du film, on trouve quelques vidéos, dont celle-ci de Normand Paillargeon. Il y raconte une petite histoire de la cigarette très intéressante… ou comment on fait appel à E. Bernays (auteur de Propaganda) pour amener les femmes à fumer : cliquer ici.

Cliquer ici si la video ne s’affiche pas.

Tout ce qui peut nous aider à penser par nous-mêmes est utile et intéressant à regarder, lire ou écouter !