Je tenais à voir ce film, témoignage poignant du combat mené par Irène Frachon pour faire interdire le trop fameux Mediator, un médicament (soi-disant) contre le diabète (afin d’obtenir l’autorisation de commercialisation) et vendu ensuite comme un coupe-faim (ce pour quoi il a été développé) pendant 33 ans par le laboratoire Servier.
Quelle énergie, quelle force de conviction lui a-t-il fallu pour mener ce combat jusqu’au bout ! La position du Pr Le Bihan alias Pr Grégoire Le Gal (joué par Benoît Magimel) résume bien ce qu’aurait pu être une attitude tout à fait honorable : on informe l’AFSSAPS par une première étude statistique réalisée avec les moyens du bord (étude cas-témoin), et l’on considère que l’on a fait son boulot.
Si Irène Frachon en était restée là, le Médiator serait peut-être encore prescrit ! La puissance des laboratoires pharmaceutiques est telle qu’il faut un réel courage et une véritable détermination pour oser les affronter. Le Pr Le Bihan perdra tout ses crédits de recherche, et devra s’exiler au Canada pour retrouver du travail… Une pratique courante des labos, sans espoir de réhabilitation, pour qui ose s’opposer à eux.
Il suffit d’ailleurs de suivre la chronologie de l’affaire pour se faire une idée du combat à mener : deux années pour faire retirer le Mediator (soit 12 ans après l’interdiction des médicaments de cette classe thérapeutique aux États-Unis), puis il faudra un livre d’Irène Frachon « Mediator, 150 mg : combien de morts ? » (que Servier tentera de bloquer) pour déclencher le scandale un an plus tard. On est alors en 2010.
Aujourd’hui, en 2016, l’AFSSAPS (dont les conflits d’intérêts ont été reconnus) est devenue l’ANSM (c’est pratique de changer de nom quand un scandale éclate), Jacques Servier est mort en 2014 avant qu’un procès ait eu lieu ; après six ans d’instruction judiciaire (ouverte en février 2011 et close en avril 2016), il n’y a toujours aucune date de fixée pour un procès pénal. Les victimes doivent toujours se battre pied à pied avec Servier pour être indemnisées, et Irène Frachon lutte à leurs côtés.
Sans commentaire…
Un film que je suis allé voir un peu au hasard ; j’ai du en entendre parler sur France Culture, le film ayant reçu le Prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes.
Un film sur une bande de jeunes de Dublin, qui montent un groupe de rock dans les années 80, c’est tentant ! et si en plus il a été nominé au festival du film britannique de Dinard, alors allons-y…
Il y a quelques années déjà (en 2007), on a beaucoup parlé dans les médias du cinquantenaire du roman culte de Jack Kerouac, Sur la route.
Je suis allé voir ce film sans en attendre grand chose. Ce doit être de voir Gérard Depardieu dans un rôle de beauf’ raciste qui m’a motivé. Un rôle de composition ?
Un film de Ken Loach, ça ne se refuse pas ! Il avait dit qu’il ne ferait plus de films, il a changé d’avis, et c’est tant mieux. Ses films traitent toujours des laissés pour compte de notre société, du monde ouvrier malmené dans un système où seul le profit compte.
Retour à Joseph Conrad (quand on aime…) avec le roman Nostromo, réputé comme le chef-d’œuvre de Conrad, mais d’une lecture difficile car la narration n’est pas linéaire. Lors de sa parution, il fût mal reçu par la critique qui le trouva trop complexe, trop long.
C’est sur les recommandations d’un ami que j’ai lu ce livre. Il s’agit du dernier roman de Mark Twain, qui ne sera publié qu’après sa mort (1910). Et encore : Mark Twain travailla sur trois versions de ce texte, des versions censurées seront d’abord publiées, et c’est finalement en 1969 que cette version complète et finale est enfin publiée aux U.S.A. En France, ce sont les éditions Tristram qui le publieront en 2011.
Premier roman de Virginie Despentes que je lis : cet été, je vois un ami terminer le tome 1 de Vernon Subutex en étant semble-t-il très accroché aux dernières pages… Étant à court de lecture, il me le recommande, et je le lui emprunte. Ce fut une bonne surprise.
Le tome 2 (intelligemment précédé d’un index des personnages apparus dans le tome précédent) sera beaucoup plus lumineux, avec ce groupe d’amis qui se retrouvent autour de Vernon Subutex, au parc des Buttes Chaumont, pour discuter, écouter de la musique, fumer des joints et se la couler douce. Ça fait un peu penser aux années 70…